Suisse naturalisé français, Schneider est l’un des pères de l’Abstraction lyrique, souvent associé à Hartung et Soulages (« le trio abstrait »). Dès la fin des années 1930, il refuse toute référence au réel et titre ses toiles « Composition » puis « Opus », comme des partitions. Son geste est musical : improvisation, rythme, intensité émotionnelle sans sujet figuratif.
Un Opus de Schneider se lit comme on écoute une improvisation : masses colorées, traits noirs calligraphiques, tensions entre fond et signe. L’artiste demandait qu’on « sente l’intériorité émotionnelle » sans chercher à reconnaître un objet. L’œuvre est une libération du conditionnement extérieur — une musique visuelle.
Les Opus des années 1961 et 1974 appartiennent à deux moments : maturité gestuelle encore proche de l’huile dans les années 1950-60, puis « années lumineuses » des années 1970, où l’acrylique accélère le trait et clarifie la couleur.