Robert Combas est l’une des figures majeures de la Figuration libre, née au début des années 1980 en réaction à l’abstraction froide et au conceptualisme. Avec Di Rosa, Blanchard ou Boisrond, il ramène la peinture vers le récit, la bande dessinée, le rock, l’érotisme et l’humour gros. Autodidacte de tempérament, il remplit la toile jusqu’aux bords : personnages hérissés, textes peints, couleurs criardes, violence joyeuse. Son « cavalier » n’est jamais un motif noble de tapisserie ; c’est un héros de cour de récré et de mythologie personnelle.
Une madone de Combas n’a plus la réserve de Bellini. Elle est entourée d’un monde trop plein — anges comme des voyous, fleurs comme des explosions, textes comme des prières de cour d’école. Le sacré n’est pas nié ; il est descendu dans la rue. L’œuvre pose la question de ce qui reste de la grâce quand on la peint avec les moyens du rock et de la BD. Souvent, il en reste une étrange tendresse, plus brute que pieuse.
La Madone s’inscrit dans ses relectures sacrées, fréquentes dès les années 1980. La Vierge, motif le plus chargé de l’art occidental, devient un personnage de Combas : mère, femme, icône kitsch, parfois obscène, toujours frontale.