Robert Combas est l’une des figures majeures de la Figuration libre, née au début des années 1980 en réaction à l’abstraction froide et au conceptualisme. Avec Di Rosa, Blanchard ou Boisrond, il ramène la peinture vers le récit, la bande dessinée, le rock, l’érotisme et l’humour gros. Autodidacte de tempérament, il remplit la toile jusqu’aux bords : personnages hérissés, textes peints, couleurs criardes, violence joyeuse. Son « cavalier » n’est jamais un motif noble de tapisserie ; c’est un héros de cour de récré et de mythologie personnelle.
Les mains sont un fragment plus émouvant qu’un visage. Elles disent le toucher, le soin, l’enfance, peut-être l’emprise. Chez Combas, ce fragment ne reste pas sage : il peut devenir monstrueux, décoratif, sexué. L’œuvre joue sur le décalage entre un titre presque doux et une peinture qui refuse la mièvrerie. C’est une image d’attachement peinte avec la violence d’un dessin d’adolescent devenu maître.
Les mains de ma sœur déplace le registre. On quitte le cavalier pour un motif familial. Combas a souvent peint des figures proches, déformées, érotisées ou tendres malgré la brutalité du trait. L’œuvre s’ancre dans cette tension : le privé exposé avec les mêmes armes que la bataille.