Catalan majeur du XXe siècle, Miró invente après le surréalisme un alphabet personnel de signes — femme, oiseau, étoile, soleil — à la fois enfantin et cosmique. Il « assassine la peinture » traditionnelle pour retrouver une langue originelle, faite de taches, de traits et de supports pauvres. Son œuvre influence profondément l’expressionnisme abstrait américain.
Les « femmes » de Miró ne sont pas des portraits : ce sont des figures-terre, fécondité et désir, souvent hybridées à l’oiseau (messager du cosmos). Sur le carton ondulé, la rugosité du support empêche toute idéalisation. L’œuvre tient de l’incantation : un monde réduit à quelques signes, mais ouvert à l’infini de l’interprétation.
Entre la fin des années 1950 et les années 1970, Miró multiplie les travaux sur cartons industriels, cartons ondulés, papiers trouvés. Le support brut, « inélégant », l’intéresse comme ready-made : il veut que la matière banale dialogue avec le signe poétique.
Peinture sur carton ondulé