Robert Combas est l’une des figures majeures de la Figuration libre, née au début des années 1980 en réaction à l’abstraction froide et au conceptualisme. Avec Di Rosa, Blanchard ou Boisrond, il ramène la peinture vers le récit, la bande dessinée, le rock, l’érotisme et l’humour gros. Autodidacte de tempérament, il remplit la toile jusqu’aux bords : personnages hérissés, textes peints, couleurs criardes, violence joyeuse. Son « cavalier » n’est jamais un motif noble de tapisserie ; c’est un héros de cour de récré et de mythologie personnelle.
Le titre commande : on n’admire pas le cavalier, on l’entoure. L’œuvre inverse la statue équestre. Le héros n’est plus seul au centre d’un vide héroïque ; il est pris dans une ronde, peut-être protectrice, peut-être menaçante. Combas mélange la légende et le graffiti. On y lit une parodie de grandeur — le chevalier acculé par le monde contemporain, le mythe digéré par la culture de masse — et en même temps une énergie vitale : peindre, c’est encore charger, crier, remplir.
Entourez votre cavalier s’inscrit dans ce théâtre populaire où Combas recycle les figures médiévales et les titres d’injonction, comme des slogans. Le cavalier, déjà croisé chez lui sous mille formes, devient prétexte à une scène d’encerclement — foule, bêtes, armes, sexes, écritures. L’année exacte n’est pas indiquée dans l’inventaire ; le style renvoie à sa production mature, des années 1980 à aujourd’hui.