Des mathématiques au geste
Jean Miotte fait des mathématiques, puis la guerre et une tuberculose le jettent vers le dessin. Il fréquente les ateliers de Friesz et Zadkine, peint sa première toile abstraite vers 1950, expose aux Réalités Nouvelles dès 1953. Le jazz, la danse, Balanchine, plus tard le zen et la calligraphie nourrissent un lyrisme qui veut le mouvement plus que le tableau-objet.
Paris, New York, la Chine
Prix de la Fondation Ford en 1961, ateliers à New York et Hambourg, amitié avec Rothko et Motherwell : le blanc devient lumière. Dans les années 1970, l’acrylique remplace l’huile empâtée ; les formats grandissent ; parfois la couleur forme le fond et le noir s’écrit par-dessus. En 1980, il est parmi les premiers Occidentaux exposés en Chine populaire. Votre collection (97 × 130 cm, palettes bleu-noir-rouge, rose, huile blanc-noir-bleu) couvre précisément cette maturité.
Une danse arrêtée
Miotte meurt en 2016 dans le Var. La Fondation Miotte et les galeries (Almine Rech, Diane de Polignac) relisent une œuvre trop souvent rangée derrière les plus médiatiques du lyrisme. « Le mouvement est ma vie », disait-il : chaque toile est une chorégraphie sans récit.