« Il faut voir la peinture abstraite comme on écoute la musique, sentir l’intériorité émotionnelle de l’œuvre sans lui chercher une identification figurative. »

NOM

Gérard Schneider

DATES

Né le 28 avril 1896 à Sainte-Croix (Suisse) — mort le 8 juillet 1986 à Paris

NATIONALITÉ

suisse, naturalisé français

DISCIPLINE

abstraction lyrique

BIOGRAPHIE

Du surréalisme à l’Opus

Gérard Schneider arrive à Paris en 1916, fréquente l’École des arts décoratifs et les Beaux-Arts. Dans les années 1930, il traverse des compositions encore liées au réel, puis au surréalisme, avant d’éliminer toute anecdote. Dès 1944-1945 apparaissent les Abstraction et les Opus, titres empruntés à la musique. Après-guerre, exposé avec Hartung et Soulages chez Lydia Conti, il forme ce que l’on a appelé le « trio abstrait ».

Une improvisation savante

Schneider veut que l’on « sente » l’abstrait comme on écoute une improvisation, sans y chercher un objet. Galerie Arnaud, Kootz à New York, Lorenzelli à Milan, Documenta, Biennale de São Paulo : la reconnaissance est internationale dès les années 1950. Les Opus de 1961 restent proches de l’huile gestuelle ; ceux de 1974, souvent acrylique, appartiennent aux « années lumineuses » décrites par Michel Ragon. Votre Opus 18 E (1961) et Opus 22 N (1974) encadrent ce passage.

Le père oublié puis repris

Mort à Paris en 1986, Schneider a parfois été éclipsé par Soulages. Les catalogues raisonnés et les galeries (Diane de Polignac, notamment) ont rendu à ses Opus leur place : une peinture d’émotion pure, numérotée comme une partition, sans sujet autre que l’énergie du trait.

Oeuvres les plus connues

Opus des années 1950 acquis par l’État ; Opus 95 B (MoMA) ; Opus 6 E (1960) ; Opus 18 E (1961) ; Opus 14 K (1971) ; Opus 18 K (1972) ; Opus 22 N (1974) ; Opus 86 K (1974) ; grandes toiles de São Paulo (1961) ; gouaches et papiers des années 1970.