Du surréalisme à l’Opus
Gérard Schneider arrive à Paris en 1916, fréquente l’École des arts décoratifs et les Beaux-Arts. Dans les années 1930, il traverse des compositions encore liées au réel, puis au surréalisme, avant d’éliminer toute anecdote. Dès 1944-1945 apparaissent les Abstraction et les Opus, titres empruntés à la musique. Après-guerre, exposé avec Hartung et Soulages chez Lydia Conti, il forme ce que l’on a appelé le « trio abstrait ».
Une improvisation savante
Schneider veut que l’on « sente » l’abstrait comme on écoute une improvisation, sans y chercher un objet. Galerie Arnaud, Kootz à New York, Lorenzelli à Milan, Documenta, Biennale de São Paulo : la reconnaissance est internationale dès les années 1950. Les Opus de 1961 restent proches de l’huile gestuelle ; ceux de 1974, souvent acrylique, appartiennent aux « années lumineuses » décrites par Michel Ragon. Votre Opus 18 E (1961) et Opus 22 N (1974) encadrent ce passage.
Le père oublié puis repris
Mort à Paris en 1986, Schneider a parfois été éclipsé par Soulages. Les catalogues raisonnés et les galeries (Diane de Polignac, notamment) ont rendu à ses Opus leur place : une peinture d’émotion pure, numérotée comme une partition, sans sujet autre que l’énergie du trait.