Dix ans de Chine
Fabienne Verdier étudie aux Beaux-Arts de Toulouse, refuse de peindre « des bustes de Beethoven », part en 1983 au Sichuan. Pendant dix ans, auprès de Huang Yuan et d’autres maîtres écartés par la Révolution culturelle, elle apprend la verticale du pinceau, le souffle, le trait unique. Passagère du silence raconte cette initiation. Revenue en France dans les années 1990, elle installe un atelier en Val-d’Oise, puis agrandit les outils jusqu’à des pinceaux de crin de cheval de dizaines de kilos, parfois guidés par un guidon de vélo.
Le geste comme loi de gravité
La toile est souvent au sol. Le noir, dans la tradition apprise, contient toutes les couleurs ; les fonds gris, or, vermillon préparent le trait. Noir gris de votre collection appartient à cette famille : méandres, sillons de crin, coulures. Elle a dialogué avec les primitifs flamands à Bruges, avec Cézanne à Aix, avec la musique et l’astrophysique. Les Walking Paintings et les Vortex poursuivent l’invention technique.
Une passeuse Orient-Occident
Verdier est aujourd’hui l’une des peintres françaises les plus visibles à l’international. Son abstraction n’est pas un dripping à la Pollock : c’est une monumentalité donnée à un art du trait millénaire. L’œuvre cherche le mystère d’un seul passage d’encre.