Un figuratif de matière
Claude Venard se forme librement à Paris, fréquente les Académies, expose au Salon des indépendants. Après la guerre, il s’impose dans la Nouvelle École de Paris, à l’écart de l’abstraction lyrique comme du réalisme social. Il peint ports, natures mortes, nus, villages du Midi, avec une pâte épaisse et des couleurs franches héritées du cubisme sans en garder la fragmentation intellectuelle.
Le sujet comme prétexte à la construction
Chez Venard, un bateau à voiles ou un nu n’est pas une anecdote : c’est un assemblage de plans. Les empâtements donnent au quotidien une densité presque architecturale. Bateaux à voiles (65,2 × 100 cm) et Femmes seins nus de votre collection appartiennent à ce répertoire obstiné des années 1950-1980. Il expose beaucoup, vend bien, reste longtemps un « peintre de collectionneurs » plus qu’un héros de musée conceptuel.
Une place réévaluée
Mort à Sanary en 1999, Venard revient dans les ventes comme témoin d’une figuration robuste française. Son œuvre rappelle que l’École de Paris n’a pas été seulement gestuelle et noire : elle a aussi cru au fruit, au port, au corps, peints comme on bâtit un mur.