Formation et bascule vers l’abstraction
André Marfaing naît à Toulouse dans une famille qui le destine d’abord au droit. Il obtient sa licence, puis quitte le Sud-Ouest en 1949 pour Paris, décidé à peindre. Autodidacte de tempérament, il fréquente les musées et les ateliers plus que les écoles. La rencontre avec Alfred Manessier en 1951, puis avec Pierre Soulages en 1952, accélère le passage de la figuration à l’abstraction. Sa première toile abstraite date de 1953. Il partage avec Soulages l’origine méridionale, le goût de l’art roman et l’amour du noir, mais son chemin sera plus ascétique, plus proche de l’idéogramme que de la matière sculpturale.
Reconnaissance et langage du noir
En 1958, la galerie Claude Bernard lui offre sa première exposition personnelle. L’année suivante, il participe à la Documenta de Kassel et à la Biennale de Paris. En 1962, il représente la France à la Biennale de Venise aux côtés de Poliakoff, Messagier, Guitet et Manessier. Il rejoint ensuite la galerie Ariel. Les années 1960 sont véhémentes : huile épaisse, geste tumultueux, contrastes violents. Puis, au début des années 1970, il passe à l’acrylique, allège la pâte, élargit les blancs. Il ne titre presque jamais : seuls la date, le format et la technique font office de nom. Plus de mille neuf cents peintures ont été recensées dans le catalogue raisonné.
Une œuvre de lumière plutôt que de couleur
Marfaing meurt à Paris en 1987, à soixante-et-un ans. Son œuvre reste longtemps dans l’ombre de Soulages, puis retrouve le marché et les musées. Il n’a jamais cessé de dire que le noir et le blanc avaient la simplicité et la rigueur qui lui convenaient. La lumière, chez lui, naît du choc des deux pôles, comme dans une abbaye romane. Peindre était, selon ses mots, une aventure pour sortir du chaos.