Du goudron à Vitebsk, puis la couleur
Marc Chagall grandit dans une famille juive hassidique de Vitebsk, Empire russe. Il passe par l’atelier de Yehuda Pen, puis Saint-Pétersbourg et Léon Bakst. En 1911, une bourse l’amène à Paris, à La Ruche. Il prend au cubisme et au fauvisme ce dont il a besoin, sans jamais céder la figure. La guerre le retient en Russie. Il épouse Bella Rosenfeld, dirige un temps les Beaux-Arts de Vitebsk, décore le Théâtre juif de Moscou. En 1923, il quitte définitivement la Russie.
Le monde à l’envers, et la Bible
De retour à Paris, Vollard lui commande Gogol, La Fontaine, puis la Bible. Les amoureux flottent, le violoniste marche sur les toits, Vitebsk revient comme un alphabet. En 1937, il devient français ; Vichy lui retire la nationalité. Exil à New York, mort de Bella en 1944. Après-guerre, le rêve change d’échelle : plafond de l’Opéra de Paris, vitraux, mosaïques, tapisseries.
Une œuvre jusqu’au bout
Chagall s’installe à Saint-Paul-de-Vence. Le musée national Marc Chagall ouvre à Nice en 1973. Il refuse d’être seulement « surréaliste » : le merveilleux, chez lui, vient de la mémoire et de la couleur, pas d’un manifeste. Il meurt le 28 mars 1985, après une dernière séance de lithographie.