Une jeunesse allemande, une guerre française
Hans Hartung naît à Leipzig, étudie philosophie et histoire de l’art, puis la peinture à Dresde et Leipzig. Très tôt, il raye, tache, abstrait. L’arrivée du nazisme le pousse vers Paris. Il s’engage dans la Légion étrangère, est blessé, amputé d’une jambe. Naturalisé français après-guerre, il devient l’un des piliers de l’abstraction parisienne, Prix de Venise en 1960.
De la griffe à l’outil
D’abord griffures d’encre et huiles sombres, Hartung invente ensuite une véritable orchestre d’outils : brosses, scyllas, pistolets, peignes, branches. Les toiles des années 1960-1980, souvent titrées d’une lettre et d’un numéro (T 1962-E3), sont des champs d’énergie. Il s’installe au bas d’Antibes, dans une villa-atelier conçue avec Anna-Eva Bergman, devenue fondation.
Un classique du geste
Hartung meurt en 1989. Son influence sur Schneider, Soulanges, la peinture gestuelle européenne est immense. Moins « noir exclusif » que Marfaing, plus graphique que Debré, il a fait du signe une tempête mesurée.